

Activité Airbnb : location, expériences et réglementation en France
Airbnb est l’une des plateformes de location courte durée et d’expériences les plus utilisées dans le monde, et la France compte parmi ses marchés les plus actifs. Une activité Airbnb peut prendre deux formes principales : la location de logement (meublé de tourisme en résidence principale ou secondaire, ou chambre d’hôtes) ou des expériences animées par des hôtes locaux pour faire découvrir une passion, un savoir-faire ou un territoire à des voyageurs. La démarche paraît accessible, mais plusieurs paramètres réglementaires et fiscaux méritent une attention sérieuse avant de se lancer, notamment en 2026 avec l’entrée en application progressive de la loi Le Meur. Cet article fait le point sur les deux volets de l’activité Airbnb en France.
Les étapes pour mettre en location
Dans un premier temps, quelques pistes qui pour vous guider avant de valider votre location sur Airbnb :
- Demander à votre copropriété le règlement vis-à-vis des Airbnb
- Renseigner le type de logement que vous proposez
- Souhaitez-vous louer votre logement en entier ou une partie (chambres) ?
- Êtes-vous un professionnel ou un particulier ?
- Il vous faudra faire une description et des photos attractives du lieu
- Mettre un tarif juste pour votre location
- Accueillir vos futurs hôtes et leur faire visiter votre Airbnb
La réglementation à connaître pour votre activité Airbnb
La réglementation Airbnb évolue régulièrement et encadre la location saisonnière dans de nombreuses communes. Déclaration en mairie, autorisation de changement d’usage, fiscalité ou nombre de nuitées autorisées : chaque propriétaire doit connaître les règles applicables. Respecter la réglementation de la location courte durée permet d’éviter les sanctions et de louer en toute conformité.
La nouvelle loi sur les locations Airbnb en 2026
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 relative aux meublés de tourisme, dite loi Le Meur, a durci la réglementation des locations Airbnb en France ; elle s’applique pleinement en 2025-2026. Les communes situées en zone tendue peuvent désormais encadrer plus strictement les meublés de tourisme sur leur territoire. Les maires ont la faculté, par délibération, d’abaisser le plafond national de 120 jours par an pour les résidences principales jusqu’à 90 jours, avec des sanctions civiles pouvant atteindre 15 000 euros en cas de dépassement du plafond applicable dans les communes ayant activé ce dispositif. La loi généralise aussi l’obligation de déclaration et d’enregistrement des meublés de tourisme : un téléservice national, opérationnel au plus tard le 20 mai 2026, délivrera un numéro à 13 chiffres à afficher sur toutes les annonces publiées sur Airbnb et les autres plateformes. Les expériences Airbnb, elles, relèvent des activités de service et échappent aux plafonds de nuitées, mais exigent généralement un statut d’auto-entrepreneur ou équivalent selon la nature de l’activité. Consultez votre mairie, un conseiller juridique et un conseiller fiscal avant de démarrer ou de modifier votre activité.
Qu’est-ce qu’une expérience Airbnb ?
Les expériences Airbnb sont distinctes de la location de logement : un hôte local y partage sa passion, son savoir-faire ou sa connaissance d’un territoire avec des voyageurs. Le spectre est large, des cours de cuisine aux ateliers artistiques, en passant par des visites guidées, des randonnées ou des immersions culturelles. Pour proposer une expérience, l’hôte soumet une candidature détaillée : Airbnb évalue la qualité, l’originalité et les conditions de sécurité avant de valider la mise en ligne. Une fois approuvées, les expériences apparaissent dans la section dédiée d’Airbnb, accessibles à des voyageurs du monde entier.
Les visites figurent parmi les expériences les plus réservées sur Airbnb. Visites de quartiers historiques, découvertes gastronomiques en marchés locaux, circuits autour de l’architecture ou de l’art de vivre d’une région : ces formats attirent aussi bien les touristes étrangers que les voyageurs français. Un hôte peut ainsi tirer un revenu de sa connaissance d’un territoire sans avoir de logement à louer. Pour décrocher les premières réservations, soignez la description, ajoutez des photos représentatives et récoltez vite les premiers avis, qui pèsent lourd sur la visibilité de l’annonce.
À Paris, les expériences situées à proximité de monuments comme la tour Eiffel profitent d’une demande touristique soutenue. Un hôte peut y bâtir une visite autour des quartiers historiques environnants et mettre en avant cette situation dans sa description : c’est un argument concret qui joue sur le taux de conversion de l’annonce.
Les étapes pour créer son activité Airbnb
En 2026, le plafond national reste fixé à 120 jours de location par an pour une résidence principale louée en meublé de tourisme, que ce soit via Airbnb ou une autre plateforme. Ce seuil s’applique dans les communes ayant mis en place la déclaration et l’enregistrement des meublés de tourisme, et sera généralisé à toutes les communes avec le téléservice national. Certaines d’entre elles peuvent, depuis la loi Le Meur, le ramener entre 90 et 119 jours par délibération motivée, sous peine de sanctions atteignant 15 000 euros en cas de dépassement. Pour connaître le plafond exact dans votre ville en 2026, renseignez-vous auprès de votre mairie ou consultez le règlement municipal sur les meublés de tourisme. Louer au-delà de la limite autorisée exige un changement d’usage, soumis à autorisation préalable et parfois assorti de règles de compensation dans les zones les plus tendues.
Ce qu’il faut savoir en termes de législation pour votre activité Airbnb
Louer un logement ou animer des expériences sur Airbnb oblige à maîtriser des règles distinctes selon le type d’activité. Plafonds de nuitées, obligations de déclaration, fiscalité des meublés de tourisme : les contraintes diffèrent selon qu’il s’agit d’une chambre d’hôtes, d’une résidence principale, d’une résidence secondaire ou d’une expérience Airbnb. Voici les points clés à connaître en 2026.
Les chambres d’hôtes
La réglementation varie selon le statut du bien, la localisation et le type d’activité. En 2026, la loi Le Meur renforce les prérogatives des communes sur les plafonds de location, l’enregistrement et le changement d’usage, tandis que la fiscalité des revenus Airbnb se resserre avec des abattements micro-BIC réduits pour les meublés non classés. Avant de vous lancer ou de modifier votre activité, consultez votre mairie, un conseiller juridique et un expert fiscal.
- vous ne pouvez proposer plus de 5 chambres
- vous ne pouvez pas accueillir plus de 15 personnes
Dans le cas contraire, votre activité sera considérée comme de la tenue d’hôtel et devra ainsi se soumettre aux démarches pour ce type de location et respecter la réglementation des établissements recevant du public.
Pour déclarer une activité de chambres d’hôtes en toute légalité, vérifiez d’abord les règles de votre copropriété, puis déposez une déclaration en mairie via le formulaire CERFA n°13566. Cette formalité, toujours valable en 2026, est distincte des démarches d’enregistrement des meublés de tourisme prévues par la loi Le Meur pour les locations saisonnières type Airbnb.
La location dite entière
La location dite entière correspond à la location du logement dans son intégralité, sans la présence de son propriétaire, une fois la remise des clés effectuée. Il est généralement question ici d’une location de quelques jours pendant des vacances ou des séjours de courte durée. Les règles applicables à ce type de location dépendent du statut de la résidence (principale ou secondaire), de la localisation et du type de meublé, et sont encadrées à la fois par le Code de la construction et de l’habitation, la loi ALUR et, depuis 2025-2026, par la loi Le Meur qui renforce les plafonds de nuitées, l’enregistrement obligatoire et les obligations de déclaration des meublés de tourisme.
Résidence principale
Dans une commune ayant mis en place la déclaration et l’enregistrement des meublés de tourisme, une résidence principale ne peut être louée plus de 120 jours par an en meublé de tourisme. Depuis la loi Le Meur, certaines communes peuvent ramener ce plafond entre 90 et 119 jours, avec des sanctions atteignant 15 000 euros en cas de dépassement. Pour connaître la règle exacte dans votre ville en 2026, contactez votre mairie ou consultez les délibérations locales. Dépasser la limite autorisée impose un changement d’usage, encadré par la commune et parfois assorti de règles de compensation dans les zones les plus tendues.
Si vous n’êtes pas concerné par cette zone, il vous faudra tout de même faire une déclaration en mairie et vous renseigner sur les potentielles particularités de votre localité.
Résidence secondaire
Vous êtes propriétaire d’une résidence secondaire ? Pour soulager le poids des charges pouvant être lourdes, vous pouvez mettre votre bien en location et percevoir des revenus. Attention, si la réèglementation est stricte pour les résidences principales, elle l’est encore plus pour les résidences secondaires !
Plusieurs cas de figure sont possibles :
1. L’autorisation et la déclaration en zone tendue
C’est le cas le plus contraignant. Pour louer dans une ville sous restriction, vous devez respecter la règle de compensation : acheter un local commercial d’une surface au moins équivalente à celle de votre résidence secondaire. Vous devrez aussi demander un changement d’usage pour passer en meublé touristique, puis déposer une déclaration et vérifier les spécificités de votre commune.
2. La déclaration avant autorisation
Hors zone soumise à compensation locative, vous pouvez obtenir une autorisation de changement d’usage sans contrainte particulière, puis déclarer votre activité en complétant le CERFA correspondant. Les règles variant selon la commune, renseignez-vous auprès de votre mairie.
3. La déclaration sans autorisation préalable
Cette démarche consiste à remplir un formulaire de déclaration en ligne pour obtenir un numéro d’enregistrement. Sans ce numéro, dans les communes qui l’exigent, vous vous exposez à une amende et à la suspension de votre annonce sur Airbnb. Depuis la loi Le Meur, un téléservice national opérationnel au plus tard le 20 mai 2026 délivrera un numéro unique à 13 chiffres, que les plateformes devront vérifier et afficher sur chaque annonce. Les sanctions en cas de fausses déclarations atteignent 20 000 euros, et jusqu’à 100 000 euros pour les infractions graves dans les zones réglementées.
Pour aller plus loin, consultez notre article sur que faire en cas de loyers impayés ?
Activité Airbnb : quelle fiscalité en France avec la loi Le Meur en 2026 ?
Location de logement et expériences Airbnb n’obéissent pas aux mêmes règles fiscales. Les revenus locatifs entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). En 2026, le régime micro-BIC prévoit un abattement de 30 % pour les meublés de tourisme non classés, plafonné à 15 000 euros de recettes annuelles. Pour les meublés classés ou les chambres d’hôtes, l’abattement est de 50 % avec un plafond de 77 700 euros ; au-delà, le régime réel BIC s’impose. Les expériences relèvent d’une prestation de service, imposée en BIC ou en bénéfices non commerciaux selon l’activité, et exigent généralement un statut d’auto-entrepreneur si elles sont exercées régulièrement. Dans tous les cas, les revenus Airbnb sont imposables : la plateforme transmet chaque année les données de revenus des hôtes à l’administration fiscale française.
Pour faire le point
Mettre un bien en location, même partiellement, demande de bien connaître les règles applicables : elles varient selon le statut du logement et sa localisation. Avant de publier une annonce, renseignez-vous auprès de votre mairie.



