

Quels travaux puis-je faire dans un appartement en location ?
Vous voulez peindre les murs, poser des étagères ou abattre une cloison ? Chaque type d’intervention dans un logement loué obéit à des règles distinctes, et les ignorer peut coûter cher à l’état des lieux de sortie. Ce guide fait le point sur ce que le locataire peut faire seul, ce qui nécessite l’accord écrit du bailleur, et comment éviter les litiges.
Bailleur, travaux de conservation et d’amélioration en location en 2026
Selon la réglementation française, le propriétaire bailleur doit délivrer un logement décent et le maintenir en bon état pendant toute la durée du bail. Défauts structurels, humidité, installation électrique non conforme : ces situations l’obligent à intervenir. Les travaux de conservation, qu’ils touchent au gros œuvre, à la mise aux normes ou à la vétusté, sont à sa charge, sauf si la dégradation vient d’une mauvaise utilisation du locataire. La loi du 6 juillet 1989, toujours en vigueur en 2026, fixe cette répartition entre les travaux du bailleur et l’entretien courant dû par le locataire. Cela couvre aussi bien les travaux sans lesquels le logement serait inhabitable que les réparations dues à l’usure normale.
Dans tous ces cas, le propriétaire doit préalablement aviser le locataire et ne peut augmenter le loyer pour les réparations.
La loi autorise aussi le locataire à intervenir seul, sans attendre l’accord du propriétaire, lorsque la réparation est urgente et que l’inaction risque d’aggraver les dégâts. Les frais engagés peuvent ensuite être réclamés au bailleur.
Ces réparations de conservation restent à la charge du locataire uniquement si elles ne relèvent pas des obligations du bailleur.
Certains travaux réalisés par le bailleur sont qualifiés de travaux d’amélioration, parce qu’ils augmentent le confort ou la valeur du bien (rénovation d’une salle de bain, amélioration de la performance énergétique). Le bailleur doit les notifier par écrit au locataire, en précisant leur nature, leurs modalités et leur durée prévisionnelle. Quand des travaux à la charge du bailleur perturbent la jouissance du logement au-delà de 21 jours, le locataire peut demander une diminution de loyer proportionnelle à la gêne subie, comme le prévoit le Code civil. Si l’atteinte à la jouissance est grave, il peut saisir le juge et, dans certains cas, demander la résiliation du bail.
Quels sont les travaux de rénovation énergétique que le bailleur peut engager ?
Le bailleur peut aussi engager des travaux de rénovation énergétique : isolation des combles, remplacement des menuiseries, installation d’un système de ventilation ou changement du chauffage. Le décret n° 2022-1026 du 20 juillet 2022 liste les opérations concernées et précise celles que le locataire peut initier à ses propres frais. Quand ces travaux permettent de faire sortir le logement de la catégorie F ou G, ils peuvent, sous conditions, ouvrir droit à une hausse de loyer encadrée. En 2026, si les logements classés G sont d’ores et déjà interdits à la location, ceux classés F ne le seront qu’en 2028. Toutefois, les deux catégories subissent un gel strict de leur loyer, ce qui pousse davantage les bailleurs à rénover. Dans tous les cas, le locataire doit être informé par écrit, avec la nature des travaux, leur calendrier et leurs effets sur sa jouissance du logement.
Locataire : quels aménagements et réparations peut-il faire ?
En tant que locataire, vous pouvez réaliser certains aménagements pour personnaliser votre logement, à condition de respecter les règles prévues par la loi et votre contrat de location. Les réparations courantes et l’entretien du logement sont généralement à votre charge, tandis que les travaux modifiant la structure ou l’aspect du bien nécessitent l’accord préalable du propriétaire. Bien connaître ces droits et obligations permet d’éviter les litiges et de préserver une bonne relation entre les parties.
Autorisation du propriétaire : un prérequis à ne pas oublier avant tout aménagement
La réglementation française impose au locataire d’obtenir l’autorisation écrite du propriétaire avant d’entreprendre tout travail modifiant la configuration ou la structure du logement. Si le locataire réalise ces travaux sans consentement préalable, le propriétaire dispose de plusieurs recours à la fin du bail. Il peut exiger que le locataire remette le logement dans son état d’origine, aux frais exclusifs de ce dernier. Il peut également, si les modifications apportent une plus-value réelle au bien, choisir de les conserver sans indemniser le locataire. En cas de refus de remise en état, le propriétaire peut retenir tout ou partie du dépôt de garantie et engager une procédure judiciaire pour obtenir réparation.
Locataire, réparations liées à l’usure normale et aménagement locatif
Le locataire prend en charge les petites réparations et l’entretien courant découlant d’une utilisation normale : remplacement de joints, d’ampoules, maintien en bon état des équipements. Il peut aussi aménager le logement sans autorisation, dans certaines limites. Poser des étagères, peindre les murs dans des teintes classiques, installer des rideaux ou changer une robinetterie sont généralement acceptés sans accord préalable. En revanche, abattre une cloison, modifier le réseau électrique ou changer la disposition des pièces nécessitent l’autorisation écrite du propriétaire.
Les petites réparations locatives sont celles d’un montant modeste relevant de l’entretien courant : remplacement d’une ampoule, d’un joint, d’une poignée de porte ou d’une plinthe abîmée. Le décret du 26 août 1987, toujours applicable en 2026, liste ces réparations à la charge du locataire, notamment l’entretien du chauffage, de la robinetterie, des volets, des revêtements de sol et des dispositifs de ventilation. En cas de doute sur la répartition entre bailleur et locataire, mieux vaut consulter ce décret, relire le bail et, si besoin, contacter un professionnel de l’immobilier.
Pour éviter la confrontation, nos conseillers immobiliers à Paris recommandent :
Préciser dans le contrat de location les travaux qui correspondent au locataire.
En cas de litige, tentez d’abord une résolution amiable en vous appuyant sur les états des lieux et les textes applicables. L’usure normale du logement ne peut pas être imputée au locataire, et la vétusté doit toujours être prise en compte. Si le désaccord persiste, la Commission Départementale de Conciliation peut être saisie gratuitement, avant tout recours judiciaire.
Idées d’aménagement pour un investissement locatif réussi
Un logement bien agencé se loue plus vite et réduit les périodes de vacance : c’est un fait que les propriétaires observent régulièrement. Les postes d’investissement les plus rentables sont la cuisine (plan de travail, rangements), la salle de bain (revêtements, robinetterie) et les sols (parquet ou carrelage en bon état). En location meublée, un mobilier sobre et résistant convient mieux qu’un aménagement trop personnalisé. Un intérieur fonctionnel permet aussi de justifier un loyer mieux positionné sur le marché.
Les pièges à éviter avant de signer le bail ou d’entamer des travaux d’aménagement locatif
Avant de signer ou de lancer des travaux, quelques réflexes protègent durablement. Vérifiez l’état des lieux d’entrée et signalez par écrit toute dégradation préexistante : c’est votre meilleure protection contre une retenue abusive sur le dépôt de garantie. Lisez les clauses du bail relatives aux travaux, certains contrats précisent les interventions autorisées sans accord préalable. Conservez toutes les autorisations écrites avant de commencer. Vérifiez aussi le règlement de copropriété, qui peut imposer des contraintes supplémentaires pour les travaux touchant aux parties communes ou aux façades.
Quelle est la loi applicable pour les locataires en 2026 ?
Depuis 2025, la réglementation locative a évolué, surtout pour les biens classés F et G au diagnostic de performance énergétique. Les propriétaires de logements classés G font désormais face à une interdiction de mise en location (ou de renouvellement de bail) s’ils n’ont pas réalisé de travaux de rénovation énergétique. Pour les logements classés F, l’interdiction de louer n’interviendra qu’en 2028, mais leur loyer est d’ores et déjà gelé, tout comme celui des passoires classées G. Les locataires, de leur côté, peuvent demander la mise en conformité du logement s’il ne répond pas aux critères de décence ou aux diagnostics obligatoires. Avant de signer le bail, vérifiez la conformité du logement, les diagnostics fournis et les responsabilités de chaque partie.
Aménagement locatif ou transformation, quelle différence pour le locataire ?
Dès qu’un aménagement peut modifier la configuration ou la structure du logement (abattre ou créer une cloison, changer la disposition de la cuisine, créer une salle de bain), le locataire doit demander l’autorisation du propriétaire par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception. L’accord du bailleur doit lui aussi être écrit : son silence ne vaut jamais acceptation. Gardez cet échange ainsi que les éventuels plans et devis, ils seront utiles à l’état des lieux de sortie.
Récapitulatif des travaux et aménagements locatifs autorisés ou non
Repeindre les murs dans des teintes neutres est autorisé sans accord préalable, à condition de rester dans des couleurs facilement restituables. Poser des étagères ou des meubles suspendus est toléré, mais les trous devront être rebouchés à la sortie. Changer un joint de robinetterie ou de baignoire relève de l’entretien courant, à la charge du locataire. Un parquet flottant sans colle est généralement accepté, car l’opération reste réversible. Abattre ou créer une cloison est une transformation qui nécessite une autorisation écrite du bailleur. Refaire entièrement la cuisine ou la salle de bain requiert l’accord du propriétaire et, si les réseaux sont modifiés, celui de la copropriété. Installer une climatisation avec percement de mur suppose une autorisation du propriétaire et la vérification du règlement de copropriété.
Et si je fais des travaux d’aménagement locatif sans l’autorisation du propriétaire ?
Le locataire doit obtenir l’autorisation écrite du propriétaire avant tout travail modifiant la configuration du logement. S’il agit sans accord, le propriétaire peut :
- Résilier le bail ;
- Exiger la livraison du logement dans les mêmes conditions que lors de l’entrée ;
- Entretenir les travaux sans avoir à verser aucune somme au locataire.



