Passer au contenu principal

PARIS DESIGN WEEK 2026 : L'AGENCE LES ENFANTS ROUGES CÉLÈBRE LE DESIGN ! Du 10 au 19 septembre 2026, retrouvez les œuvres de VINCENT DUBOURG ET CYRIL PAILLOT dans notre AGENCE LE MARAIS !

Date de publication
Mis à jour

Que faire en cas de loyers impayés ?

Un loyer impayé met tout propriétaire bailleur sous pression. Il faut agir vite, mais chaque étape de la procédure doit être respectée sous peine de voir la démarche annulée par le juge. Les recours sont nombreux et progressifs : mise en demeure amiable, activation de la caution, commandement de payer via commissaire de justice, saisine du juge des contentieux de la protection, et en dernier ressort, procédure d’expulsion. Choisir le bon recours au bon moment conditionne la récupération de la dette locative et la maîtrise des délais. Ce guide détaille chaque recours, les délais légaux à respecter et les pièges à éviter pour protéger votre logement en toute légalité.

Loyers impayés ? Commencez par ouvrir le dialogue

Cela peut paraître évident, pourtant une situation difficile résulte souvent d’une simple rupture de communication. Les locataires qui cessent de payer leur loyer traversent fréquemment une période de difficultés passagères : perte d’emploi, incident de virement, oubli ponctuel. Dans la grande majorité des cas, les locataires régularisent dès le premier contact amiable, sans qu’il soit nécessaire d’engager une procédure formelle. Au-delà de deux semaines de retard, contactez votre locataire par téléphone ou par courrier s’il ne vous a pas lui-même prévenu. 

Deux situations se présentent alors : 

  • soit, il est rassurant; il reconnaît la dette, vous explique les raisons de son retard de paiement, vous affirme qu’il réglera la situation rapidement et propose un échéancier. Auquel cas formalisez l’accord par écrit et demandez  une date précise pour le  1er paiement.
  • soit, il ne répond pas ou conteste le montant dû, et vous percevez que la situation s’envenime. Ne perdez pas de temps, il convient de passer à l’étape suivante. Envoyez une lettre de mise en demeure par courrier avec un accusé de réception.

Dans tous les cas, conservez une trace écrite de chaque échange, car ces éléments seront précieux devant le juge.

La lettre de mise en demeure : première étape formelle

La lettre de mise en demeure constitue la première étape formelle permettant au propriétaire de demander au locataire de régulariser sa situation. Elle rappelle le montant des loyers et charges restant dus, fixe un délai pour le paiement et précise qu’à défaut de régularisation, une procédure pourra être engagée.

Envoyée de préférence par courrier recommandé avec accusé de réception, cette lettre permet de formaliser la demande de paiement, de conserver une preuve des démarches effectuées et d’encourager une résolution rapide du litige avant toute action judiciaire.

Loyers impayés : commandement de payer et résiliation du bail

Contrairement à la mise en demeure, le commandement de payer est un acte officiel, délivré exclusivement par un commissaire de justice. Il ne s’agit plus d’un simple courrier du bailleur, mais d’un acte encadré par la loi, qui inscrit le non-paiement dans une procédure formelle. Le commandement de payer intervient lorsque les démarches amiables et la mise en demeure n’ont pas permis de régulariser la situation. 

Si votre contrat de location a été rédigé dans les règles, il contient une clause résolutoire en cas de loyer impayé. Cette clause est obligatoire dans les baux d’habitation depuis la loi du 27 juillet 2023 modifiant la loi du 6 juillet 1989 : elle prévoit que le bail peut être résilié de plein droit si le locataire ne règle pas son loyer ou ses charges dans les délais impartis. La résiliation reste toutefois très encadrée. Même avec une clause résolutoire, le juge des contentieux de la protection doit la constater, après signification d’un commandement de payer par un commissaire de justice. Pour les baux conclus après le 29 juillet 2023, le locataire dispose de six semaines pour régulariser sa dette, contre deux mois pour les anciens baux. Sans clause résolutoire applicable, la procédure judiciaire de résiliation, plus longue, est la seule option et rallonge les délais avant toute expulsion.

Loyers impayés et expulsion du locataire : la procédure judiciaire

L’expulsion locative est la dernière étape d’une procédure longue, strictement encadrée par la loi : un propriétaire ne peut jamais l’engager seul. Le juge des contentieux de la protection doit d’abord se prononcer, puis un commissaire de justice exécute la décision. Tenter une expulsion par la force, changer les serrures ou couper l’eau et l’électricité expose le propriétaire à des poursuites pénales pour violation de domicile, passibles de trois ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Une fois le jugement obtenu, le commissaire de justice signifie au locataire un commandement de quitter les lieux : le locataire dispose alors d’un délai minimum de deux mois et peut demander une prolongation au juge. S’il refuse de partir à l’issue de ce délai, le propriétaire sollicite le concours de la force publique auprès de la préfecture.

Dans le cas où vous auriez souscrit à une assurance loyers impayés, montez rapidement un dossier. Contactez votre assureur qui vous expliquera précisément la démarche à suivre.

La dette locative grossit à chaque semaine d’inaction : plus le propriétaire tarde, plus les délais de procédure s’allongent. Documentez chaque étape dès le départ : tentatives de contact, courriers envoyés, réponses obtenues. Face à un locataire de mauvaise foi qui multiplie les recours dilatoires, ce dossier peut faire la différence entre une procédure conduite rapidement et une affaire qui s’étire sur plusieurs années.

Loyer impayé en 2026-2027 : quelle loi et quels nouveaux seuils d’impayés ?

En 2026, il n’existe pas de loi unique sur les loyers impayés : le cadre repose sur la loi du 6 juillet 1989, plusieurs fois modifiée, complétée par la loi ALUR et par des décrets récents. Telle que modifiée notamment en 2023, cette loi reste le texte de référence pour les locations d’habitation et impose que le commandement de payer soit signifié par un commissaire de justice. Pour les baux conclus après le 29 juillet 2023, la clause résolutoire ne produit effet qu’à l’issue d’un délai de six semaines, contre deux mois pour les anciens baux. Les obligations d’information de la CAF ou de la MSA vont évoluer à compter du 1er janvier 2027 : un impayé sera établi dès que la dette locative cumulée dépassera 450 euros ou dès qu’un locataire aura accumulé trois mois de défaut de paiement. Le bailleur disposera alors de deux mois pour signaler l’impayé, afin que les aides au logement soient maintenues ou adaptées sans aggraver la dette du locataire. Pour suivre ces ajustements, consultez régulièrement le site service-public et les décrets relatifs aux loyers impayés.

La trêve hivernale : quels impacts sur la procédure d’expulsion ?

Pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, les expulsions locatives sont suspendues en France. Cinq mois durant lesquels un locataire, même condamné par un jugement pour loyer impayé, ne peut pas être contraint de quitter son logement, sauf rares exceptions prévues par la loi. Concrètement, si le jugement d’expulsion ou le commandement de quitter les lieux arrivent peu avant le 1er novembre, l’exécution sera repoussée au 1er avril au plus tôt. Mieux vaut donc engager la procédure dès les premiers impayés pour limiter la dette et ne pas perdre plusieurs mois supplémentaires à cause de cette période.

Loyer impayé : comment résilier un contrat de location avec clause résolutoire

Si votre contrat de location est conforme au droit actuel, il contient une clause résolutoire en cas de loyer impayé. Si le locataire ne paie pas son loyer et ses charges, la clause prévoit que le bail pourra être résilié de plein droit une fois les délais légaux respectés. Attention : la résiliation doit toujours être constatée par le juge et ne se produit jamais automatiquement. Le propriétaire bailleur doit donc suivre la procédure pas à pas pour que la résiliation soit valide et pour récupérer la dette locative.

Concrètement, rapprochez-vous d’un commissaire de justice : il adressera au locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire. Ce commandement précise la dette locative, le montant du loyer et des charges, et informe le locataire du délai dont il dispose pour régulariser. Pour les baux conclus après le 29 juillet 2023, ce délai est de six semaines ; il reste de deux mois pour les baux plus anciens. Le courrier est également notifié au garant lorsqu’il existe. Si la dette n’est pas intégralement apurée à l’issue du délai, le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et engager la procédure d’expulsion. Si la dette est réglée, le contrat reprend son cours.

Loyer impayé et expulsion du logement : faites appel à un commissaire de justice

Toute procédure d’expulsion liée à un loyer impayé passe obligatoirement par un commissaire de justice. Sans recours à ces professionnels assermentés et sans décision du juge, tenter d’expulser un locataire par la force, changer les serrures ou couper les fournitures essentielles est illégal et expose le propriétaire à des poursuites pénales pour violation de domicile, passibles de peines d’emprisonnement et d’amende. Le commissaire de justice sécurise la procédure, veille au respect des délais légaux et constitue un dossier sur la dette locative utilisable devant le juge.

La procédure peut durer longtemps, surtout si elle débute peu avant la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars). Quand la dette est importante, délais judiciaires, commandement de quitter les lieux et trêve hivernale s’additionnent : il faut souvent compter six à douze mois, parfois davantage, avant de récupérer le logement.

Pour aller plus loin, consultez notre article sur les obligations du locataire et celles du propriétaire. 

La prévention reste le meilleur rempart contre les loyers impayés. Soignez la sélection de votre locataire en exigeant un dossier complet : justificatifs de revenus, contrat de travail, derniers avis d’imposition et, si possible, un garant solvable avec caution solidaire. Vérifiez systématiquement l’authenticité des documents fournis. Rédigez un bail conforme à la loi, avec une clause résolutoire pour loyers impayés, et réalisez un état des lieux précis à l’entrée comme à la sortie du logement. Pensez aussi à souscrire une assurance loyers impayés (GLI) dès la mise en location : c’est souvent le filet de sécurité le plus utile si un locataire cesse de payer malgré toutes les précautions prises. Sélection rigoureuse, bail solide et garanties financières : combinés, ces trois leviers réduisent sensiblement le risque d’impayés et les délais de procédure qui suivent.

Dans la même catégorie